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Domaine de Chaumont (41)

Chaumont-Photo-sur-Loire

Pour la troisième édition de « Photo-sur-Loire », le Domaine de Chaumont réunit 6 artistes, français et étrangers. Six photographes qui expriment à travers l’image leur lien particulier au paysage naturel. Des bords de la Loire au désert soudanais, en passant par les collines volcaniques d’une île coréenne, émotion et poésie s’affichent sur les murs du Centre d’Art et de Nature de Chaumont jusqu’au 28 février 2020.

Rencontre avec un artiste :

Manolo Chrétien ou la dynamique des fluides

«Un honneur, un rêve de gosse accompli».

Manolo Chrétien vit sa première exposition à Chaumont comme une reconnaissance.

Ni l’expérience, ni les expositions à travers le monde, ni la maîtrise de son art, n’ont altéré son enthousiasme.

Manolo est ainsi. Flanqué de son regard rieur bleu acier, il s’enthousiasme et s’émerveille de tout ce que la vie lui offre, de ce que la nature lui apporte comme source d’inspiration. Le bonheur d’exposer à Chaumont n’est pas feint. Lui, l’artiste ligérien se réjouit d’exposer sur ses terres d’adoption.

En 1992, Manolo Chrétien pose appareils photo et palettes de couleurs à Blois. Depuis, avec Céline, sa compagne à la vie comme dans le travail, Manolo n’a plus quitté les bords de Loire. Et pour cause. Son atelier blésois s’ouvre sur le plus long fleuve de France. Dernier fleuve sauvage d’Europe.

Un spectacle que 27 ans de présence n’ont jamais altéré. Son étonnement reste intact face aux richesses et la beauté des méandres de ce fleuve, patrimoine mondial de l’UNESCO.

« Chaque matin je cours de ma petite maison vers mon grand atelier avec le pas d’un enfant qui rentrerait de l’école pour rejoindre son terrain de jeux »

l’artiste « Aluminé »

L’atelier de Manolo expose le regard à une perspective plongeante sur la Loire. Une façon de ne manquer sous aucun prétexte, les premiers rayons du soleil sur les eaux fluviales. Un effet qui a pour conséquence de précipiter l’artiste dans un état d’ « Alumination »

Manolo a créé le mot « Alumination » en écho à son sujet d’exploration : la réflexion de la lumière sur l’eau et les métaux. La mer, la Loire, les avions sont des miroirs déformant du ciel et Manolo en joue.

Il est dans l’émerveillement du détail, l’instant précis où la lumière est prise à contre-jour :

«Je zoome alors sur une certaine zone de la Loire. J’ai des éléments fixes, des éléments en mouvement. L’eau est en mouvement, les arbres, les rochers sont fixes. J’adore utiliser le contraste entre le mobile et l’immobile. Je travaille en vitesse lente, ce qui va créer des effets presque « animaux » de fourrures félines, de peaux de poissons »

A Chaumont l’artiste expose un travail issu de l’observation du fleuve.

«La Loire possède une dimension poétique. Je m’aperçois que mes photos sont faites au moment où le flux de la Loire n’est ni très bas ni très haut. C’est l‘instant idéal pour obtenir ce que l’on pourrait définir comme une réduction de ce qui se passe sur la terre avec tous les éléments maritimes, comme si on appuyait une feuille de papier aluminium sur une forêt pour avoir l’empreinte de tout le sol. Des images que l’on ne peut pas capter, à moins d’avoir le regard très lointain de l’astronaute»

De l’espace à la mer, l’effet peau de sardine

La dynamique des fluides coule dans les veines de Manolo. Son rapport fusionnel à l’eau remonte à l’enfance, à l’époque où son père pilote d’essai et spationaute avait installé sa famille dans le Sud de la France. Manolo grandit sur les rives de la Méditerranée, entre pistes aériennes, hangars et carlingues d’avions. Sa fascination pour les effets et les matières métalliques se développe.

Il étudie à l’ESCTACA une école qui aurait dû le destiner à une carrière d’ingénieur en aéronautique. Finalement Manolo bifurque vers des études d’Arts Appliqués.

Dans son ADN sont inscrits : fluides, métaux, lumière.

Aujourd’hui ses œuvres sont imprégnées de son regard d’enfant sur la fluidité des formes aériennes et marines. L’image de la Méditerranée à contre-jour lorsque le soleil décline et lèche la crête des ondulations pour créer un effet de couche aluminium, une nuance que l’on retrouve sur le dos de la faune pélagique, une vision « peau de sardine » comme il aime à le définir.

« Je rêverais d’avoir une peau argentée, comme celle des sardines, cet effet miroir éblouissant »

Cette passion pour les eaux irisées, s’est définitivement ancrée en lui, par l’éclat hypnotique des flots aux tonalités froides bleu-gris de la Manche. Manolo garde des souvenirs indélébiles de ses vacances sur les côtes bretonnes, chez sa grand-mère. Face à Carantec, sur l’île Callot il se laisse pénétrer par la réverbération solaire sur l’eau.

Adulte, l’artiste restitue sa relation au monde et la nature à travers ses œuvres avec un sens précis de l’observation sans se départir de la candeur de sa jeunesse.

Et de citer Christian Bobin le poète-écrivain qu’il admire « les poètes sont des enfants ininterrompus, des regardeurs de ciels impossible à élever ». C’est en regardant la mer que Manolo Chrétien est resté l’enfant émerveillé, à la poésie sans limite.

Laurence Minier

 

www.manolochretien.com

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